Le ministre annonce des mesures censées « alléger et faciliter » l’exercice des missions des IA-IPR, en réponse à nos demandes de respect des cadres réglementaires. Ces mesures doivent désormais sortir des courriers et entrer dans les faits. Dans plusieurs académies, des recteurs ont déjà montré que c’était possible concernant :

  • des remboursements plus rapides des frais de déplacement,
  • un dialogue social opérationnel,
  • une réflexion sur une organisation plus rationnelle des missions.

Quand la volonté académique existe, les obstacles tombent.

Certaines mesures nous semblent aller dans le bon sens :

  • reconnaissance de l’importance du collège des IA-IPR,
  • priorisation des missions individuelles et d’une charge de travail régulée,
  • volonté d’amélioration des conditions de travail,
  • importance et place à accorder au développement professionnel de chaque IA-IPR.

Certaines orientations constituent de véritables marqueurs

Associer enfin les IA-IPR aux décisions qui les concernent.

Combien de réformes menées sans consultation ? Combien d’outils imposés sans retour d’usage ?

Rendez-vous de carrière, formation continue, outils numériques : les IA-IPR ont trop souvent été tenus à l’écart.

Les évolutions de VIRTUO (recrutement des professeurs remplaçants) ou des messageries professionnelles ont alourdi la charge de travail et dégradé l’efficacité (du remplacement, notamment).
Cette mise à l’écart permanente relève d’une maltraitance professionnelle ordinaire.

Mettre fin à ces pratiques est un minimum.

La reconnaissance du rôle des collèges d’IA-IPR.

Le retour explicite des collèges d’inspecteurs dans un document émanant du ministère est une victoire professionnelle (face aux velléités récurrentes de création d’un service).
Le pilotage pédagogique ne se décrète pas verticalement : il se construit collectivement.

Les collèges d’IA-IPR sont :

  • des lieux d’expertise,
  • des espaces de régulation professionnelle,
  • des leviers de cohérence académique,
  • des acteurs centraux du pilotage éducatif.

Les réaffirmer, c’est reconnaître la réalité de notre travail.

Sans moyens, ces mesures resteront des slogans

La question centrale est budgétaire : les collèges d’IA-IPR auront-ils les moyens d’agir ?

L’expérimentation conduite à Amiens montre la voie : concentration des moyens, pilotage académique décliné en un accompagnement de proximité, efficacité renforcée. Ce modèle peut servir de référence.

Si les moyens ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées : les dispositifs d’accompagnement échoueront, la mobilisation des collègues s’érodera, les objectifs ministériels resteront théoriques.

Les IA-IPR savent piloter :

  • Ils savent gérer des budgets.
  • Ils savent organiser des équipes.
  • Ils n’ont pas besoin de tutelles intermédiaires pour agir efficacement.

Si les moyens ne sont pas à la hauteur des ambitions affichées : les dispositifs d’accompagnement échoueront, la mobilisation des collègues s’érodera, les objectifs ministériels resteront théoriques.

L’incohérence des moyens d’accompagnement perdure entre premier et second degré

Les moyens d’accompagnement existent dans le premier degré. Ils sont indispensables.

Prétendre qu’ils seraient accessoires dans le second degré n’aurait aucun sens.

Les besoins sont comparables. Les moyens doivent l’être également.

Dialogue social : les dysfonctionnement répétés et certaines pratiques sont inacceptables entre la DE et les organisations syndicales

Transmission tardive et sélective des documents :

  • courrier communiqué aux recteurs… puis transmis aux représentants des personnels trois semaines plus tard,
  • communication obtenue après notre intervention insistante auprès du ministère,
  • notes de service concernant directement les IA-IPR jamais transmises depuis 2022.

Ce n’est pas un oubli : c’est un problème de méthode et de considération.

Des annexes juridiquement fragiles

Plusieurs documents d’application (cadre national Lettre de mission ou évaluation) semblent insuffisamment sécurisés au regard du cadre réglementaire récent posé par le ministère.

Appliquer des textes mal stabilisés expose les personnels à une insécurité professionnelle.

Ces négligences ne sont pas anecdotiques : elles traduisent un défaut de rigueur institutionnelle. Nous exigeons des garanties réglementaires solides et claires.

La 17e mesure fantôme : une question politique

Pourquoi annoncer une 17e mesure… puis la faire disparaître ? Nous refusons qu’elle porte sur :

  • la création d’un échelon hiérarchique intermédiaire, chef de service ;
  • l’ouverture d’un concours IA-IPR spécifique au privé, ou d’un Concours 3e voie (sans condition de diplôme notamment) ;
  • la suppression de l’évaluation des enseignants par les inspecteurs.

Ces pistes coûteuses et inopérantes ont déjà été abandonnées. Elles doivent le rester !

L’attractivité du métier est en crise. Les difficultés de recrutement sont connues.

La réponse salariale est incontournable.

Mission d’inspection générale : attention aux dérives déjà annoncées…

Une mission sur les « missions des inspecteurs du second degré » est en cours. Son périmètre est défini. Toute tentative d’y introduire des réformes structurelles étrangères à la commande initiale serait inacceptable.

Les IA-IPR sont aujourd’hui mobilisés pour accompagner les établissements. Introduire des mesures de défiance provoquerait une démobilisation immédiate.

En revanche nous proposons que cette 17e mesure porte sur des engagements permettant de restaurer l’attractivité de notre corps :

  • par une revalorisation indiciaire, pour rétablir un différentiel avec les corps de recrutement ;
  • par des conditions de reclassement et de déroulement de carrière qui permettent une évolution salariale (actuellement 36 % du corps des IA-IPR est bloqué entre 6 et 10 ans au dernier échelon de la classe normale).

Pour conclure nous attendons une mise en œuvre rapide des Groupes Académiques des Personnels d’Inspection (GAPI).

Les engagements ministériels doivent maintenant se traduire en actes. Sans cela, ils ne resteront que des annonces.

Nous exigeons des moyens réels d’accompagnement, pilotés par le collège des IA-IPR.

Nous refusons des réformes structurelles dissimulées, qui prendraient par exemple appui sur la mission de l’inspection générale.

Nous défendons les missions et l’expertise des IA-IPR.

Nous demandons un dialogue social respectueux au regard de la représentativité des syndicats.

Bande de couleurs

 

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