Dans un article AEF info (1), le ministère confirme et semble « s’aveugler » sur les difficultés anticipées autour des corrections du CRPE-L3, induites par le non-respect du cadre réglementaire de rémunération des correcteurs.

A la suite de l’alerte du SNIA-IPR (2) sur le déroulement des corrections du CRPE-L3, potentiellement fragilisé en raison des consignes de la DGRH de diviser par deux ou par trois la rémunération des correcteurs, le media AEF info a interrogé le ministère.

La DGRH reconnaît avoir passé ces consignes et les justifie par une certaine « vision » du cadre réglementaire.

La différence de traitement « n’est donc qu’optique », répond le ministère, car elle est « liée à la différence de nature des épreuves écrites », et « les académies peuvent faire le choix de recourir à des correcteurs polyvalents », lesquels, et eux-seuls, seraient rémunérés en totalité (7€ par copie), les autres voyant leur rémunération divisée par deux ou trois.

Une profonde méconnaissance de la ressource des professeurs correcteurs.
  • S’agissant des correcteurs issus du premier degré, certains – mais pas tous – peuvent être suffisamment experts pour corriger, avec toute la rigueur requise dans les différentes disciplines, les copies des candidats du concours.
    • Mais combien seront volontaires pour corriger deux à trois épreuves au tarif d’une seule copie les réunissant ?
    • Et combien supporteront les difficultés d’appropriation de plusieurs barèmes, complexes et propres à chaque discipline, et seront en capacité de finir leurs corrections à temps pour la phase d’harmonisation ?
    • A ce jour, personne ne peut le dire et les correcteurs n’y répondront que le jour de l’entente de correction…
  • S’agissant des correcteurs issus du second degré, tous sont suffisamment experts pour corriger, avec toute la rigueur requise dans leur discipline, les copies des candidats ; mais aucun ne l’est pour une autre discipline.
  • Pour tous les correcteurs, le temps de travail nécessaire à l’appréciation précise des compétences de chaque candidat, sur des épreuves de difficulté et de complexité tout à fait analogues à celles du CRPE-M2, ainsi que le temps d’harmonisation avec le double correcteur, resteront les mêmes.
La réalité du terrain est têtue : l’identification d’un vivier de correcteurs « polyvalents » suffisamment experts dans les différentes disciplines pour corriger avec la rigueur requise les copies des candidats est impossible au sein des académies.

La justification « d’optique » avancée par le ministère entérine une différence de rémunération entre les correcteurs qui corrigeront le CRPE-M2 (rémunérés normalement à la copie corrigée) et ceux du CRPE-L3 (rémunérés au rabais par copie).

Le SNIA-IPR dénonce à nouveau le caractère non-réglementaire de cette « vue » du ministère.
Le SNIA-IPR dénonce à nouveau le peu d’intérêt que le ministère porte à la qualité de ce nouveau concours « L3 ».
Le SNIA-IPR dénonce à nouveau le peu de considération que le ministère porte aux professeurs correcteurs.

Nous craignons qu’en académie les DEC n’y « voient pas clair » et ne disposent pas des moyens pour appliquer cette interprétation erronée, mais bien moins-disante, de la réglementation.
Dans ces conditions, les correcteurs pourraient faire défaut dès cette session et encore davantage en 2027 et à l’avenir.

Les IA-IPR, qui ont une expertise des concours de recrutement de professeurs, craignent de plus une vague de recours de candidats qui se considéreraient ainsi avoir été corrigés avec une qualité au rabais.

Cette « vision » hors sol, dans laquelle le ministère s’enferme, entraînera immanquablement un report de charge sur les IA-IPR pilotes pédagogiques des corrections, avec le remplacement des correcteurs démissionnaires en amont, puis des difficultés supplémentaires durant le déroulement des corrections et enfin lors des phases d’harmonisation des jurys.

Le SNIA-IPR dénonce avec « une clairvoyance » certaine, la mise en insécurité professionnelle des IA-IPR par le ministère, et les incertitudes induites sur le nouveau concours CRPE-L3.

Liens :

(1) Article AEF info : https://www.aefinfo.fr/depeche/747277-le-snia-ipr-denonce-une-baisse-de-remuneration-pour-la-correction-du-crpe-a-bac3-ce-que-le-men-conteste

(2) Article SNIA-IPR : https://www.snia-ipr.fr/des-risques-pesent-sur-les-corrections-du-crpe-l3/

 

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