Dangers sur le mouvement national des IA-IPR en 2026 et 2027, suite au gel de postes
Le mouvement national 2026 pourrait être bloqué à plus de 20% du volume total du mouvement !
L’an dernier, 37 collègues ont obtenu leur mutation au mouvement national (sur 126 demandes et pour 112 postes offerts au mouvement). Si l’expérimentation de la DE (1) concernant le mouvement IA-IPR permettait cette année 10 mutations supplémentaires vers Mayotte, alors ces 10 nouveaux postes pourraient être bloqués : sur 47 mutations potentielles, ce sont plus de 20% des postes convoités qui seraient bloqués.
Les candidats au mouvement national 2026 pourraient même ne pas obtenir ces postes en 2027 alors déclarés définitivement vacants !
En effet, les candidats au mouvement national 2026, souvent après de nombreuses années d’attente, se retrouveront par ailleurs en compétition, pour le mouvement suivant 2027, avec tous les lauréats 2026 – lesquels font plus souvent valoir que les titulaires plus anciens des priorités légales de mutation (en effet, ils obtiennent rarement comme première affectation définitive leur académie d’origine, vers laquelle ils souhaitent revenir rapidement pour des raisons familiales).
Lors de notre audience du 10/03/26, nous avons protesté auprès de Monsieur le ministre : « il ne revient pas aux IA-IPR, ayant un projet de mutation nationale, de porter sur leurs épaules l’appui du ministère à Mayotte. »
Un effet boomerang générant des postes vacants dans beaucoup d’académies, un risque de fragilisation d’équipes de nombreuses académies, dans un contexte de chute des recrutements.
Les postes bloqués dans le mouvement d’avril devront alors être pourvus en septembre par des Faisant-fonction.
Mais ils ne pourront l’occuper que durant une seule année : soit un retour du titulaire du poste, soit une affectation au mouvement d’un autre IA-IPR titulaire.
Le SNIA-IPR avait pourtant largement alerté la Direction de l’encadrement, lors des travaux liés à la « refondation » de Mayotte
Aucune de nos propositions n’a été retenue sur la nécessité d’améliorer significativement les conditions d’accueil des inspecteurs : logement, conditions de vie, conditions de travail .
À la place, l’administration propose une expérimentation qui ressemble fort à un pari risqué : « allez-y, vous verrez bien ».
Le SNIA-IPR rappelle que l’attractivité de Mayotte ne se décrète pas techniquement
Ce dispositif expérimental imaginé par la Direction de l’encadrement repose sur une conception profondément erronée de l’attractivité : on ne renforce pas durablement un encadrement pédagogique en invitant les personnels à « venir voir sur place si ça leur convient ».
L’attractivité suppose des garanties statutaires solides et une véritable politique d’amélioration des conditions de vie et de travail (2) pour les personnels.
L’académie de Mayotte mérite mieux qu’une expérimentation hors sol
L’académie de Mayotte mérite une politique ambitieuse pour attirer et fidéliser des IA-IPR qui puissent travailler en confiance et inscrire leur action dans la durée pour l’avenir du département.
Mayotte a besoin d’engagements durables, pas d’une expérimentation hasardeuse et davantage problématique pour les IA-IPR en bien des points.
(1) Notre article sur l’expérimentation de la DE : Mutation IA-IPR Mayotte : contraintes et risques
(2) Lire aussi notre article : Académie de Mayotte, le SNIA-IPR alerte le ministre sur la situation des inspecteurs

