Le mille-feuille administratif s’étoffe ! Et pourtant…
Deux rapports, l’un de l’IGESR (janvier 2023, non publié), l’autre de la Cour des comptes (février 2023, rapport « Universités et territoires », recommandation n°6) recommandaient de « clarifier le rôle des recteurs délégués à l’enseignement supérieur ». L’Inspection générale estimait en effet, comme le rapporte l’AEF, que cette fonction apparaissait « surdimensionnée » et, même, qu’elle « ne justifiait pas ce titre ».
Pourtant, loin de clarifier les compétences des recteurs de région académique en matière d’enseignement supérieur comme le prévoyait le projet de décret présenté en juillet 2026 au CSE, le Ministère envisage désormais, dans un nouveau projet de décret présenté le 23 octobre 2026, de créer cinq nouveaux emplois de recteurs délégués pour l’ESRI dans de nouvelles régions académiques.
Ainsi, en période de disette budgétaire (1) et à rebours des préconisations d’instances aussi reconnues que l’IGESR et la Cour des Comptes, sont prévues des dépenses substantielles, dont l’efficacité n’est pourtant pas démontrée (1).
D’autre dépenses n’auraient-elles pas été plus efficientes ? Le SNIA-IPR en a fait part au premier ministre lui-même : nos revendications en matière de revalorisation ont d’ailleurs été qualifiées, par notre ministre de l’éducation nationale en personne, de « logiques, légitimes, et peu coûteuses ».
(1) : L’extension ainsi votée représente pour chacun de ces 5 postes supplémentaires une dépense budgétaire de plus de 200 000 euros par an pour l’État. S’ajoutant aux 12 postes de recteurs délégués au supérieur, dont l’efficacité était déjà interrogée par l’IGESR et la Cour des comptes, ce sont 17 postes qui représentent globalement un effort financier annuel global d’environ 4 millions d’euros…l’équivalent de près de 350 places d’étudiants chaque année.
(2) : Jean-Michel Catin : « Que nous apprend le fiasco annoncé des recteurs/rices dans l’ESR » et Bernard Toulemonde, ancien recteur, évoquant en complément dans un post du 27 janvier 2023 : « Lorsque j’étais recteur, l’enseignement supérieur occupait au plus 5% de mon temps (…). . Le seul moment où les recteurs ont été utiles, c’est lors de l’élaboration des schémas U 2000 et U3M car il fallait un interlocuteur assurant la synthèse face à la Région et aux collectivités locales et assurer les arrières avec le MEN. Pour le reste, les Présidents sont assez grands et n’ont pas besoin du recteur et, encore moins, du recteur délégué ».



